De l’amour.
C’est une grosse boule d’amour que je ressens chaque fois que je mets les pieds chez Joe Beef. Je l’avais un peu oublié, puisque ça faisait un bout que j’y étais allée, mais il y a quelques semaines, pour l’anniversaire de mon amie et collègue blogueuse Gabrielle Chalifoux, j’ai renoué avec l’endroit de magnifique façon. J’y suis retournée samedi dernier et je compte bien trouver toutes les excuses imaginables pour y aller le plus souvent possible.
Le truc, c’est que Joe Beef est un lieu magique: un endroit où le temps s’arrête, où les petits soucis de la vie disparaissent pour laisser place à une sorte d’euphorie gustative. Si vous voulez mon avis, des restaurants comme ça, il devrait y en avoir beaucoup plus à Montréal. Enfin – ça, c’est un autre sujet.
Comme Gabrielle a déjà parlé de notre soirée entre blogueurs, je vous raconte mon expérience du weekend dernier. Ok? Ok.
Un souper…parfait
Donc. Weekend du Grand Prix. Vous ne le savez pas encore, mais je déteste ça. La plupart du temps, je me sauve à la campagne mais, cette année, mon horaire ne me le permettait pas. Avec des amis, nous avions deux ou trois trucs à célébrer. Parce qu’ils n’y étaient jamais allés, surtout, et parce que j’ai pensé que l’ambiance über-relax du lieu allait compenser pour le chaos régnant dans la ville, F1 oblige, j’ai suggéré le Joe Beef.
21h30 tappantes, mes amis et moi nous retrouvons à la porte de l’institution de la Petite Bourgogne. Tout de suite, nous sommes accueillis par la charmante Vanya qui nous conduit à notre table, située dans la nouvelle section (anciennement McKiernan, maintenant le bar à huîtres). Tout de suite, on se sent bien.
Notre serveur, Patrick (qui deviendra notre meilleur ami), vient prendre notre commande. Mon amie Kat et moi, en bonnes petites princesses, commandons des bulles. Rhéaume, lui, fidèle à lui-même, commande une bière. Pour le reste, vous commencez à me connaître, je n’aime pas choisir. Je donne donc à Fred Morin, le chef et copropriétaire (avec Dave McMillan), carte blanche pour le menu et pour le vin. Il vient nous voir, prend le pouls de la table et go, c’est parti pour une bouffe mémorable.
Patrick nous apporte la première bouteille: un Vouvray 2009 de la maison François Chidaine. Sec, il est parfait pour accompagner la première vague de plats, qui donnera le ton à notre soirée. Et le ton, ben il est plus que juste.
Premier service:
Huîtres natures : Parfaites, douces…on en veut plus
Toasts tomatées et jambon Serrano: Tout en simplicité. J’ai adoré le jambon (on a d’ailleurs croisé les charmants Hivron et Paolo Macchi, de qui j’en achèterai sans doute une caisse).
Piments shisito: Simplement poêlés et salés. Piquants à souhait. On aime.
Heureux, joyeux (et, avouons-le, un peu pompettes), nous prenons une pause pour aller visiter le magnifique jardin derrière le restaurant. Nous sommes vite rejoints par Fred Morin qui, avec toute la gentillesse et l’authenticité du monde, nous parle bouffe et nous donne des recettes pour le fumoir. Mes amis sont charmés, et moi aussi.
Deuxième service: ZE Double Down.
Ok – Vous vous souvenez du fameux Double Down de Poulet frit Kentucky? Le “sandwich” où le pain était remplacé par deux filets de poulet panés, entre lesquels on retrouvait fromage et bacon? McMillan et Morin ont décidé de faire le truc à leur façon en remplaçant le poulet par des escalopes de foie gras panées. Bien que le centre du “sandwich” soit toujours du fromage et du bacon, on remplace ici les trucs industriels moches par des produits de qualité. Ça donne probablement le plat le plus cochon que j’ai mangé de ma vie. Le visage de pur bonheur de mon ami Rhéaume, à la première bouchée, est sans doute le signe le plus évident de la décadence de la chose, qu’il faut goûter pour vraiment croire.
Le Vouvray est terminé. À l’approche du troisième service, Patrick nous suggère la Cuvée de l’enfant terrible, de Jean-François Ganevat. Ça vous est déjà arrivé de tomber en amour avec un vin? Eh ben moi, c’est ce qui m’est arrivé avec celui-là. Le genre de vin qu’on boit le plus lentement possible pour s’assurer de le savourer longtemps. Le genre de vin dont on veut tordre la bouteille pour boire la dernière goutte. You know?
Troisième service: spag au(x) homard(s)
Le spag au homard, c’est un peu la signature de Joe Beef, puisqu’il est un des seuls items à être sur le menu, si je ne me trompe pas, depuis le tout début. Et y’a de quoi. Imaginez-vous un peu: un homard entier (dans notre cas, un peu plus, puisque nous partageons le plat à trois), servi sur des pâtes sauce au homard, crème, bacon et origan. Souvent imité, jamais égalé, ce plat est sans doute le meilleur du genre – ever. C’était SI bon que nous avons commandé du pain pour terminer la sauce.
Quatrième service: la méga-giga côte de boeuf
Arrive sur notre table une gigantesque côte de boeuf dans son jus, accompagnée de rondelles d’oignons. Dans nos assiettes se trouvent d’épaisses tranches de tomates et d’oignons avec une sauce au fromage bleu. La viande est d’une qualité exceptionnelle, tendre à souhait, savoureuse. Clairement, rendus là, on mange par gourmandise parce qu’on n’a plus très faim, mais c’est délicieux – alors on continue. Le sourire un peu niais que nous avons au visage est sans doute un bon indice du total bonheur gastronomique que nous vivons juste à ce moment-là.
On déménage dans le jardin pour terminer la soirée avec un(des) digestif(s), un peu euphoriques, imprégnés de la magie de Joe Beef et de sa merveilleuse équipe.
Vous savez ce qui m’a fait plaisir par dessus tout lors des mes deux visites récentes chez Joe Beef? C’est de voir une bande de gens vraiment, réellement, amoureux de la bouffe, des bons produits, de la bonne vie et du monde. De vrais restaurateurs qui font leur métier pour les bonnes raisons. Et ça, moi, ben ça me rend vraiment heureuse.
On reviendra, Joe.
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Joe Beef
2491, rue Notre-Dame Ouest
514-935-6504 (Réservation nécessaire. Le resto est mini et très, très populaire)
www.joebeef.ca
N.b. Le livre “The art of living according to Joe Beef: the book” sera disponible le 11 octobre 2011. Je vous en reparle, mais ça promet.
N.b. #2: Mille mercis, encore, à Fred Morin et à Patrick Oakes, qui nous ont si bien traités qu’on a eu envie de déménager là.



Super billet ma belle et quel resto en effet! J’ai vraiment adoré lorsque j’y suis allé. J’ai trop hâte d’y retourner!
Merci Éric! x
Je ne connais pas ce resto, mais ce billet me donne l’eau à la bouche! Wow. De bons produits, qui me semblent apprêter en simplicité, mais tout en goût, j’en déduis!
Tu déduis bien, Marie-Hélène! Heureuse que tu aies aimé le billet. À ne pas manquer lors de ta prochaine visite à Montréal!
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Superbe billet qui donne envie! La cuvée de l’enfant terrible! AAAh terrible ce vin! Tout comme le producteur que j’ai la chance de connaitre, c’est quelqu’un de terrible qui n’a pas peur de transpirer pour faire un travail à la main d’une qualité superbe! Si tu le peux, découvre ses autres vins, ça vaut vraiment le coup!
Merci beaucoup Nicolas! J’ai effectivement bien l’intention d’essayer les autres vins de Ganevat – vous êtes chanceux de le connaitre!
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