J’avais très hâte à l’ouverture de Nora Gray. D’abord parce que j’aime beaucoup le travail d’Emma Cardarelli (anciennement chef du Liverpool House), mais aussi parce qu’il n’y en n’a pas des masses, des bons restos italiens à Montréal. Pour prendre le pouls de l’endroit, je suis allée prendre un verre (ou mille) avec mes amis Nick Hodge et Nathalie Doucet dès la troisième journée, mais c’est le weekend dernier que j’ai expérimenté Nora Gray dans toute sa splendeur. Et Nora, bien elle m’a charmée.
C’est qui, ça, Nora Gray?
Nora Gray, c’est deux noms dans un qui représentent quelques éléments de la vie des trois associés, Ryan Gray, Emma Cardarelli et Lisa McConnell. C’est aussi un nom que les propriétaires voulaient personnel, attachant. Un nom que les montréalais allaient s’approprier. Croyez-moi, ça viendra très vite, si ce n’est pas déjà fait.
Comme dans Mad Men
Entrer chez Nora Gray, c’est un peu comme entrer dans le bureau de Don Draper (sauf que ça sent sans doute meilleur). Murs de bois, photos en noir et blanc, lumières tamisées, banquettes de cuir…un petit je-ne-sais-quoi dans le lieu qui rappelle l’interdit et qui amène au doux vice et à la fête. Pas que j’aime ça, faire la fête, là…
La cuisine d’Emma
Je pense qu’à ce stade-ci, je n’ai plus besoin de vous dire que je n’aime pas faire des choix au resto, surtout quand j’essaie le dit resto pour la première fois. Installée dans le petit coin au bout du bar qui deviendra bien vite mon “spot”, je le sens, j’ai eu la chance d’être servie par le très sympathique Ryan Gray, à qui j’ai laissé le choix des plats et des vins. Et on passe à table.
Antipasti
Polpette e calamar (Boulettes de viande et calmar).
Sans calmar, comme la personne qui m’accompagne ne peut pas en manger. Cela dit, j’ai adoré les boulettes, qui goûtent un peu comme la cuisine de grand-maman quand il fait vraiment froid l’hiver. Tsé?
Vitello tonnato (Rôti de veau, thon et câpres)
Plat d’une belle simplicité, très frais. J’ai adoré la combinaison du veau avec la mayonnaise de thon.
Ricotta di capra casareccia con verdi (Ricotta de chèvre maison, légumes d’été)
Évidemment, d’ici peu de temps, j’imagine que ce plat changera pour mettre en vedette des légumes de saison. Cela dit, le tempura de fleur de courge et le ricotta de chèvre m’ont fait très très plaisir. D’une simplicité rafraîchissante, presque déstabilisante en 2011.
Primi
Ravioli d’animelle croccanti (Raviolis de ris de veau croustillant)
Raviolis et ris de veau parfaitement cuits. Vraiment délicieux. Je n’ai rien d’autre à dire.
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Cavatelli di funghi (Cavatelli aux champignons sauvages)
Bon. Ce plat goûte le ciel. Oui oui, le ciel. Vous me direz que je sais pas vraiment ce que ça goûte, le ciel, et vous aurez raison. Mais je suis certaine que ça goûte ça: le réconfort, les nuages, les champignons et, hallelujah, la crème.
Secondi
Maialino di latte al finocchio (Cochon de lait au fenouil)
L’ensemble de ce plat est absolument cochon – sans mauvais jeu de mot. La peau du cochon de lait est parfaitement croustillante et la farce au fenouil est juste assez relevée. Fantastique.
Sardina alla griglia (Sardines grillées et citron)
Normalement, ce plat est servi en entrée mais comme Ryan veut qu’on y goûte, il nous le sert en secondi. J’ai adoré la combinaison des saveurs de ce plat. Moi qui ne suis pas la plus grande fan mondiale de sardines, j’ai beaucoup aimé.
Dolce
Glace à la pistache sur figues pochées au vin rouge (y’a sûrement un nom italien que j’ignore)
J’adore la glace à la pistache. J’adore les figues. J’adore le vin rouge. Un dessert avec tout ça en même temps? J’capote.
Toute cette bonne bouffe a été dégustée autour d’une clientèle fort jolie et bien agréable, et avec une superbe sélection de vins de Ryan Gray (j’ai un peu honte parce que je réalise que j’en ai bu pas mal).
Somme toute, une superbe expérience culinaire où les produits sont mis de l’avant et où les gens ont du plaisir à évoluer et à travailler. Merci, douce Nora Gray!
Courez-y vite, mais n’oubliez pas de réserver. Le resto est déjà plein à craquer.
514-419-6672
1391, rue St-Jacques
p.s. Ce qui m’a fait très plaisir, aussi, c’est de voir David McMillan débarquer et s’installer derrière le bar pour polir des verres. Une belle démonstration d’une amitié et d’une solidarité dont plusieurs restaurateurs devraient s’inspirer.



