Parlons-en, de la cuisine de rue

Ha! La fameuse cuisine de rue. Elle est sur toutes les lèvres en ce moment. La grande interdite, la dangereuse (!) prohibée qui revient sous forme de projet pilote (on va se rappeler de ce terme: projet pilote. Comme dans « essai ». C’est assez clé dans pour la suite des choses.) dans l’arrondissement Ville-Marie cet été et qui, je l’espère, sera partout à Montréal et sous plusieurs formes d’ici l’été 2015. C’est un événement heureux, me direz vous? Pour moi oui. Voici pourquoi.

C’est bon

C’est vraiment la première bonne raison. L’offre de cuisine de rue des années dernières, compte tenu du fait que c’était illégal depuis 1947, on s’en souvient, était déjà fantastique et de très bonne qualité. Cette année, vous allez tomber des nues. J’ai eu la chance de faire partie du comité de sélection des nouveaux membres de l’Association des restaurateurs de rue du Québec – ARRQ – (avec entre autres Normand Laprise, Charles-Antoine Crête, Jean-Philippe Tastet, Samuel Pinard et Louis-Philippe Breton) et, par le fait même, de goûter à plusieurs des nouveaux items offerts par les jeunes cuisiniers de rue et c’était vraiment très intéressant et diversifié. Sans tout vous dire, attendez-vous, par exemple, à de succulentes polpettes, à des hot dogs faits à la main du début à la fin, à du thaï frais et santé, à un camion de grilled-cheese qui vous fera baver – et ce n’est qu’une infime partie de la nouvelle offre de cuisine de rue dont on pourra se régaler cet été dans les festivals et à neuf emplacements dans l’arrondissement Ville-Marie.

Les grilled-cheeses de PA & Gargantua sont à se rouler par terre.

Les grilled-cheeses de PA & Gargantua sont à se rouler par terre.

Ça encourage nos artisans locaux

Un de nos critères de sélection lors du comité de l’ARRQ, c’était la traçabilité des produits. Il est important pour nous que les produits offerts par les camions soient des produits de qualité – on offre de la nourriture rapide, certe, mais pas de la malbouffe – et, le plus possible, locaux. Je ne pense pas que j’ai vraiment besoin d’expliquer pourquoi.

C’est quand même bon pour nous

Un autre point, c’est que la nouvelle offre de restauration de rue est quand même bonne pour la santé. Peu de friture, pas de gras trans et de bons ingrédients.  Évidemment, la nourriture de qualité coûte un peu plus cher que la mauvaise bouffe – cela dit, pas tant que ça. Les prix pour un item varient entre 3$ et 14$. Un trio chez Subway, ça coûte presque plus cher.

Culturellement, c’est cool

La semaine dernière, j’ai demandé à Anthony Bourdain s’il trouvait que la cuisine de rue était importante, culturellement, pour une ville. Bien entendu, il a répondu que oui. Il a dit que, pour lui, la cuisine de rue permettait de mettre en lumières la diversité culinaire d’une ville. Je suis bien d’accord avec lui. La cuisine de rue nous permet de démontrer le savoir faire des Montréalais (nés ici ou d’adoption) en terme de cuisine et ça, ben, c’est magnifique.

C’est juste une belle offre alimentaire de plus

J’ai entendu plusieurs commentaires du genre: « Ouin mais on s’en fout. Si on veut un steamé on devrait pouvoir avoir un steamé. » Ok, je le concède. Le steamé cheap fait de viande douteuse et pas locale pantoute est un droit et parfois, même, un besoin. Cela dit, est-ce que le dit steamé doit absolument venir d’un camion? Est-il moins légitime si la cuisine d’où il a été cuit ne roule pas? Il y a un casse-croûte à tous les coins de rue, gang. On a le choix d’y aller ou non. L’arrivée de la cuisine de rue, malheureusement, n’élimine pas la malbouffe – c’est simplement une offre supplémentaire. Une superbe alternative quand on a envie de manger bien et qu’on n’a pas tout le temps du monde.

Sur ce, les enfants, je vous souhaite un été fabuleux plein de belles découvertes culinaires dans les rues de notre belle ville. Ça sera peut-être pas parfait cet été, c’est un projet pilote. Mais ça va être bon en titi. Promesse de princesse.

(Pour m’entendre discuter de la cuisine de rue à CBC Daybreak, c’est ici.)

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9 Commentaires

Classé dans Bouffe, Restos

9 réponses à “Parlons-en, de la cuisine de rue

  1. Applebaum: “Pas question de permettre n’importe quoi. On veut une offre culinaire diversifiée et représentative de la culture gastronomique de Montréal. On ne veut pas que quelqu’un dépose une demande, arrive avec son barbecue pour faire des hot-dogs et des hamburgers. On veut que ce soit encadré.” Well that didn’t take long. ( http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201305/07/01-4648502-cuisine-de-rue-17-emplacements-a-partir-du-20-juin.php )

  2. Pour avoir manger, dans d’autres villes, de délicieux lunchs grâce à la cuisine de rue de qualité, j’ai bien hâte d’essayer ceux de Montréal. Les « foodtrucks » présents à des festivals montréalais depuis quelques années ont prouvé à mon avis qu’il contribue à la gastronomie québécoise.

  3. Des huitres, des poissons a 15$ pis des burgers a 8$! J’appelle pas ça d’la bouffe de rue! J’appelle ça des petits comics qui nous vendent leur surplus de resto pour financer le réaménagement en cuisine sur roues leur vieux truck de livraison!
    Tant qu’a payer ce prix-là m’a aller m’assoir dans un resto pis je vais être confortable! De la bouffe de rue, c’est dans rue, sur le coin d’une rue, ça prend 2 minutes, c’est bon pis pas cher et le contenant est conviviale!
    Mais nous autres a Montréal, c’est pas ça qu’on va avoir! On est ben trop Big pour ça!

    • Bonjour Dominique, merci pour votre message – cela dit, je me demande où vous avez vu dans mon billet qu’il y aurait des huitres et des poissons à 15$… La plupart des restaurateurs de rue n’ont PAS de restaurants, seulement une cuisine de production, donc pas de surplus à vendre. Aussi, tous les commerçants ont fait un gros effort pour trouver un packaging qui rend la consommation des items facile et agréable. Bonne journée!

      • Madame
        Etes-vous aller a la rencontre de ces restaurateurs de rue? Ben allez-y! le premier vendredi de chaque sur l’esplanade du stade Olympique, vous allez voir comment c’est accessible! Eh oui, pour s’improviser restaurateur de rue, il faut ABSOLUMENT être restaurateur et payer des taxes commerciales a la ville de Montréal! Une petite barquette de carton jetable, quel bel effort!

      • Bonjour Dominique, ayant fait partie du comité de sélection de l’Association des restaurateurs de rue, je suis assez informée sur le sujet. J’ai vu tous les camions et goûté à leur nourriture. Et non, il ne faut pas absolument être restaurateur. Il faut absolument avoir une cuisine de production avec un permis de traiteur ou de restauration – c’est au choix. Aussi, qu’est-ce que vous suggérez à la place des barquettes (la plupart sont recyclées et recyclables et s’avèrent la meilleure option pour l’environnement)? J’ai vu plusieurs autres options parmi les camions, également! Enfin, vous avez le droit à votre opinion – vous avez aussi le droit de ne pas les encourager mais je ne suis pas certaine que votre acharnement à condamner le projet pilote soit vraiment nécessaire. La cuisine de rue n’enlève rien à personne, elle fait simplement agrémenter l’offre existante et c’est ce que je choisis de célébrer. Je vous encourage cependant à faire part de vos idées à la Ville ou à l’ARRQ – vous semblez avoir toutes les solutions pour que ça soit encore mieux!

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