Archives mensuelles : novembre 2010

Toast!

J’ai cherché longtemps un titre convenable pour ce billet. Un titre qui saurait représenter ma récente soirée au restaurant Toast! de Québec. Pour que ce soit efficace, il aurait fallu que celui-ci contienne les mots bonheur, joie, délice, bulles, amour et plaisir. Si on veut que ça se tienne, ça fait un long titre. J’ai donc décidé de m’en tenir à la base, en espérant que les prochaines lignes traduiront avec justesse ma superbe soirée au Toast! il y a quelques semaines.

D’abord, à notre arrivée, nous sommes accueillis de bien belle façon, avec le sourire, par notre hôtesse et notre serveur. On a déjà le coeur à la fête. La salle est petite, intime et fort jolie; une suite logique et agréable au verre de bulles pris au coin du feu dans le lobby de mon hôtel chouchou, le Germain-Dominion.

On nous installe à une table pour deux en plein centre du restaurant (ce sera mon seul bémol. On était un peu dans le chemin et mon ami s’est fait bousculer à plusieurs reprises). Pour l’apéro numéro deux, rebelotte le champagne. Gros point en plus dès le départ: le champagne au verre est du Laurent-Perrier – qui est mon champagne favori. Magnifique départ, donc, à une soirée plus que parfaite.

La carte est belle, courte; ce que j’aime beaucoup d’un resto. Pour moi, plus la carte est courte, plus les plats sont pensés et bien exécutés. Les restaurants haut-de-gamme qui offrent des dizaines d’items sur le menu me laissent perplexe… Enfin.

La carte, donc, est superbe. Ce qui est bien aussi, c’est que tous les plats principaux sont conçus pour se marier avec un généreux morceau de foie gras poêlé, qu’on peut ajouter pour 18 $. Comme tout me donne envie, je laisse ma destinée entre les mains de notre charmant serveur Geoffroi (c’est d’ailleurs quelque chose que je fais assez souvent au restaurant – et je suis rarement déçue), alors que mon ami jette son dévolu sur l’entrée de Carpaccio de betterave jaune et mozzarella fondante frite en croûte d’oignon et les fameux ris de veau laqués, avec le supplément de foie gras. Nous choisissons un vin rouge argentin, un délicieux Malbec.

Un amuse-bouche de foie gras fouetté au épice, croûton à l’ail, caviar d’aubergine et compote d’échalote au balsamique plus tard, arrivent nos entrées.

L’entrée de mon ami très belle et très bonne: le carpaccio est servi avec une émulsion de jus de citron, huile de noix, champignon king, noix de macadam, basilic et tomate raisin. La mienne? C’était comme le paradis. Notre serveur a choisi pour moi la tarte de boudin noir fait maison à l’oignon blondi, avec oeuf de caille miroir, crème de moutarde à l’ancienne, peluche de chou de bruxelle vinaigrette et jus de volaille au cassis. Mon coup de coeur de la soirée (à part ma date, bien sûr! 😉 ). C’était moêlleux, doux, réconfortant…vraiment bon. Je vais en revenir, un jour…mais pas tout de suite.

Comme plat principal, j’avoue que le choix de mon ami était assez gagnant. Le ris de veau saisi et laqué était accompagné d’une purée de pomme de terre douce au beurre noisette, asperge et pleurote rôti avec un jus naturel bullé et, bien entendu, un gros morceau de foie gras poêlé. Ça, c’était vraiment vraiment vraiment très très bon. La cuisson des ris et du foie gras était absolument parfaite et l’assemblage de goûts semblait venir d’un autre monde. Grosse réussite. Mon plat était, quant à lui, un tout petit peu moins spectaculaire, mais quand même délicieux. Notre sympathique serveur a choisi pour moi la perdrix du Québec, servie dans une assiette déclinée comme suit: Coffre rôti aux épices maison, jambonnette braisée, céleri rave purée et salade façon « césar », saucisse maison à la girolle et chanterelle, jus au poivre sauvage de Patagonie et ail confit. C’était délicieux et la parfaite suite à la tarte de boudin, quand même assez lourde.

S’en suivent les desserts. Une tarte à la pêche poêlée pour lui et pour moi, comme j’avais mentionné à mon serveur que j’étais plus « fromage » que dessert, il m’a apporté un pot de crème au cheddar vieilli, servi avec un pain au canneberge séchée et grenoble, tuile de cheddar et chicorée moutardée. C’était si bon que j’ai failli leur en demander une deuxième portion pour manger au petit-déjeuner le lendemain!

Somme toute, une soirée absolument extraordinaire pour les papilles et l’âme, grâce à une bouffe sans reproche et à un service impeccable.

Réservation nécessaire – la salle est toute petite. Rendez-vous sur le site web de l’établissement pour plus d’information!

Bon appétit!

Ah…et…désolée, il n’y a pas de photos. Mais il y a des soirées si agréables que l’appareil ne leur rend pas justice. Et cette fois-là en était une.

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Une foodie chez Pacini

Quand j’ai reçu un courriel il y a quelques semaines m’invitant à aller redécouvrir Pacini, j’ai eu un p’tit deux minutes. Les gens qui m’invitaient avaient lu mon blogue, connaissaient les restos dont je parlais…alors j’ai eu la prétention de me demander comment elles pouvaient penser que j’irais jusqu’à St-Jean-sur-Richelieu manger du Pacini. Je n’y avais pas mis les pieds depuis probablement 20 ans et, honnêtement, à part le bar à pain, je n’en avais pas beaucoup de souvenirs. Pour moi, Pacini, c’était un resto de chaîne comme les autres, sans grand intérêt pour moi, miss foodie 2010. Par curiosité, j’ai accepté l’invitation en me disant qu’au pire, j’allais passer une belle soirée avec les collègues et copains blogueurs. Sur ce dernier point, je ne me trompais pas. J’ai passé une superbe soirée. Où je me trompais, c’est dans l’opinion, disons le, pas ultra positive, que j’avais de Pacini.

Nous arrivons donc au resto de St-Jean-sur-Richelieu après avoir été « entertainés » dans le transport par nul autre que le très sympatique Marco Calliari, qui a gratté la guitare pendant la vingtaine de minutes où nous, blogueurs foodies, buvions des bulles. Pourquoi St-Jean-sur-Richelieu, me demanderez-vous? C’est une question pertinente que je me suis moi-même posée. Le Pacini de St-Jean est comme un restaurant « école », un lieu où sont testés les nouveaux concepts (comme la très jolie boutique, où sont vendus des produits Pacini, of course, mais aussi des huiles haut-de-gamme, des pâtes, de la vaisselle, etc.).

Nous arrivons donc sur place et sommes accueillis par les gentils propriétaires, qui nous mènent à une grande table dans la partie « lounge » du restaurant qui est, sincèrement, fort jolie (le design est de LEMAYMICHAUD, vous savez, ceux qui sont derrière les établissements du Groupe Germain, le Local, le Hangar, etc.). Autour d’un verre de vin et de quelques olives, le chef exécutif de la bannière, le très charmant Frédérick St-Aubin, ainsi que le sommelier Pierre Thériault, nous ont expliqué les critères de choix et de conception des plats et des vins. Ce qui m’a impressionnée, c’est que chaque année, des cuisiniers de Pacini sont envoyés en Italie pour apprendre de nouvelles méthodes, etc. Honnêtement, je ne connais pas beaucoup de restaurants qui font ça – encore moins des chaînes de restauration. Frédérick nous expliquait aussi qu’un de ses défis était de trouver une balance entre l’innovation et les bonnes vieilles habitudes de la clientèle, qui va chez Pacini pour la constance des plats.

On mange? Allons-y!

Piatto Maximo, avec bruschettas, croutons de chèvres et autres carbs.

Salade italienne (garnie de capicollo, de coeurs d'artichaut, de tomates cerises, de poivrons rouge rôti et de pesto rosso)

Pizza primavera alla Guerrino et pizza prosciutto et roquette

Penne au canard confit, avec asperges, échalote et fromage de chèvre émietté - mon coup de coeur

Lasagne au saumon fumé, sauce rosée garnie de crevettes nordiques et de pétoncles

Grillades à l'italienne: steak au sel de mer de Sicile, filet de saumon avec sauce piccata, frites parmigiana, asperges grillées

Oui oui, nous avons mangé tout ça! En plus de salade césar, de brochettes de bocconcini, de tiramisu et de panna cotta, dont je n’ai pas de photo.

Grappa!

Est-ce que c’était bon? Oui. Pas transcendant, mais très bon et bien exécuté – particulièrement pour un restaurant de chaîne. Surtout, c’était une soirée vraiment très agréable et conviviale – à l’image de Pacini. Est-ce que je vous le recommande? Ouaip, sans hésitation, surtout avec les petits, pour leur faire découvrir des bonnes choses tout en douceur. Pour ma part,  sans en faire une destination ultra régulière, il est clair qu’avoir le choix entre Pacini ou une autre chaîne, c’est chez Pacini que j’irai.

Toute cette aventure (et surtout ma propre réaction à la réception de l’invitation) m’a, cela dit, fait me questionner sur la réputation des foodies. Sur ce que ça prend pour faire partie de la « bande ». Faut-il manger seulement à des restaurants haut-de-gamme? Faut-il snobber tous ce qui n’est pas terroir? Non, pour moi, être foodie, c’est aimer ce qui est bon et avoir l’esprit (et l’estomac) ouvert à l’inhabituel, au changement, au goût des AUTRES aussi. On jase, là.

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L’atelier de Denise

Il y a quelques semaines, je vous racontais que je me planifiais un weekend d’Halloween ultra glam avec mon amie Claude. Manucure, bulles et atelier de foie gras chez Denise Cornellier. Évidemment, j’avais l’intention de vous revenir sur le sujet dès le lendemain mais – quelle surprise! – les plans ont changé. Alors voilà. Quelques semaines plus tard, me voici sur le sofa, tisane à la main et Ferland dans les oreilles, à vous raconter notre superbe soirée foie gras.

Superbe soirée en perspective

D’abord (et je suis consciente que j’aurai l’air d’une snob finie mêlée à une p’tite fille gâtée un peu blasée quand vous lirez les prochaines phrases), je dois vous dire que, depuis quelques mois, voire un an, genre, le foie gras m’emmerde un peu. Oh, je l’aime toujours autant, l’affaire est claire, mais je trouve que le foie gras est trop utilisé dans les restaurants et, souvent, mal utilisé. Tous les chefs ne sont pas Martin Picard et le foie gras ne va pas partout sur tout, dans tout. Voilà, c’est dit.

Cela dit, j’aime le foie gras d’amour. Au sel, torchon, poêlé, alouette! J’aime sa texture, sa saveur, son odeur. Tout. C’est donc avec beaucoup de joie que j’ai accepté l’invitation de madame Cornellier à venir assister à un de ses ateliers de l’automne, qui avait pour thème, vous l’aurez deviné, le foie gras. Il faut savoir, d’abord, que madame Cornellier est traîteur. Elle fait dans le bon, le haut de gamme, le succulent. Je vous la suggère. Enfin. Plusieurs fois par année, Denise donne des ateliers sur différents thème (les champignons, le foie gras, les bouchées, etc.). Le concept est pas mal cool: on se retrouve dans sa cuisine avec une quinzaine de personnes, on boit des bulles et du vin pendant qu’on apprend des choses et ensuite on monte dans un loft très coquet pour le souper.

Le produit brut


Le concept vous plaît, non? Je me disais bien, aussi. Alors c’est parti. Verre de bulles à la main, Denise et son très sympathique complice Jacques Robert se mettent à l’oeuvre pour créer de la magie dans la cuisine, dans nos bouches et dans nos coeurs.

D’abord, on nous explique comment on pare le foie gras, donc comment on enlève les nerfs. Un truc: allez-y avec la cuillère (littéralement)!

On enlève les nerfs à la cuillère, pour éviter d'abîmer les pièces

Ensuite, hop! En rafale, dame Cornellier et M. Robert nous apprennent comment faire:

  • Foie gras au gros sel
  • Foie gras façon torchon (on dit « façon » parce que rares sont les gens qui le font vraiment au torchon. On utilise plus une pellicule plastique)
  • Une crème brûlée au foie gras
  • Une terrine de foie gras aux figues séchées et aux morilles (MIAM)
  • Une verrine de foie gras de canard onctueux au tamarin

Alors on apprend à faire tout ça et en même temps, on mange! Au cas où vous auriez oublié, y’a un souper qui s’en vient après! La dynamique de groupe est bien installée et Claude et moi avons beaucoup de plaisir avec nos voisins.

Denise Cornellier

Denise Cornellier et Jacques Robert

Crème brûlée au foie gras

La partie éducative de l’atelier tire à sa fin, vient l’heure de poêler les escalopes de foie gras que nous mangerons dans quelques minutes.

Les escalopes, prêtes à passer à la poêle

Chacun notre tour, on fait poêler nos escalopes et puis hop! En route vers le loft!

Le superbe centre de table

Là, le truc est assez magique. Nous prenons place autour d’une immense table magnifique devant une giga fenêtre et, dehors, il neige. On se sent dans un autre monde.

La magnifique table

Après un apéro de foie gras et de vin, l’appétit n’est pas du niveau de l’ogre, mais bon. Ça sent si bon…

Potage de topinambour, crabe, perles de carottes et glace de foie gras

Ravioli de foie gras sur julienne de légumes parfumée à l'huile de truffe

Escalope de foie gras poêlée aux champignons sauvages et gambas au piment d'espelette

Vous trouvez que ça avait l’air bon? Vous avez raison. C’était délicieux, surtout avec les vins choisis par notre sommelier.

Denise Cornellier donne régulièrement des ateliers et, vraiment, je vous les suggère. Le 30 novembre prochain aura lieu une soirée whisky avec Mme Cornellier et Martine Nouet. Il paraît que c’est extraordinaire – alors allez-y donc!

Pour infos: (514)272-8428

Ou sur le web

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Ma déclaration d’amour à la restauration

Ces derniers temps, je reçois énormément d’amour de votre part. Vos commentaires sont bons, beaux, constructifs et remplis de #love. Alors merci, vraiment, du fond du coeur. Je vous aime aussi.

Ma déclaration d’amour à moi, aujourd’hui, elle va aux restaurateurs, aux chefs, aux cuisiniers, aux plongeurs, aux suiteurs, aux serveurs et aux sommeliers de ce monde. Je vous aime. J’aime le bruit des verres qu’on range. J’aime entendre crier en cuisine. J’aime le son du lait qui chauffe et de l’espresso qui coule. J’aime le ballet des employés de salle qui glissent sur le plancher avec grâce et prestance. J’aime voir les chefs et les cuisiniers tout se dire d’un regard, en cuisine. J’aime voir le visage d’un cuisinier quand il goûte à une sauce et qu’il est content de ce qu’il a fait. J’aime le restaurateur qui pense son lieu en fonction de ses clients et de leur expérience, souvent bien avant de penser à son restaurant comme à une entreprise. J’aime ce moment où la nourriture, le design, la musique, le service et le vin sont si bien alignés que tout disparaît, laissant la place aux sens allumés.

La cuisine de la Cabane à sucre du Pied de Cochon

La restauration, je suis née dedans, un peu. Depuis que je suis toute petite,un restaurant, pour moi, c’est comme la maison. J’ai vu le beau, et le moins beau aussi. Pour ça, parce que j’ai vu, j’aime profondément la restauration et tout le monde qui  gravite autour. Pourquoi? Parce que c’est une vocation, la restauration. C’est difficile. Souvent, ça ne fonctionne pas tout de suite. Souvent, c’est ingrat.

Pourtant, soir après soir, vos maîtres d’hôtel, vos serveurs, le chef, sa brigade et toute l’équipe recommencent leur danse et vous disent « Bon Appétit! » avec le sourire et des étoiles dans les yeux.

Je vous aime.

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Guide Mixeur: 80 restaurants créatifs à Montréal

Hier, les milieux de la bouffe et du design de Montréal étaient rassemblés en un même lieu pour célébrer le lancement du tout premier Guide Mixeur 80 restaurants créatifs à Montréal.

Photo: Infopresse

Vous le savez, je passe beaucoup de temps dans les restos. Vous le savez aussi, ou peut-être pas, je suis assez fana de design. Un truc qui rassemble les éléments bouffe, design, ambiance dans un seul et même guide fait donc vraiment mon bonheur. Et qui d’autre que la grande dame Sylvie Berkowicz et l’ultra cool Jean-Philippe Tastet pour le faire? Personne.

Le guide est court, certes. 80 restaurants dans une ville reconnue pour sa grande sélection de bonnes tables, c’est peu. Cela dit, ils ont absolument tous leur place dans le bouquin. J’ai visité 70 des 80 établissements (j’en reviens pas encore), et je donne raison aux auteurs sur toute la ligne. L’écriture de Tastet est claire, drôle et jolie. J’aime qu’on aborde la restauration comme une expérience globale, pas que gustative.

Mes coups de coeur dans le guide? Dans l’ordre ou dans le désordre:

L’Auberge St-Gabriel, Bu, Apollo, Bottega, Au Pied de Cochon, La salle à manger, Tri Express, Le Cartet, Club Chasse et Pêche, Joe Beef et Mas Cuisine.

Mon petit bémol? La qualité des photos n’est pas super constante…mais là, vraiment, je critique pour critiquer. L’ensemble est superbe, vraiment. Et une très bonne idée de cadeau pour le bas de Noël. À 14,99 $, c’est vraiment une aubaine.

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Sur un tout autre ordre d’idée, je vous dois pas mal de billets. J’ai récemment visité l’Atelier de Denise Cornellier, le Quartier Général et le Toast! à Québec. J’essaie de me rattraper ce weekend…

Bonne semaine!

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